Érosion et construction

 

Qu'est-ce que l'érosion?

Parmi les multiples causes favorisant l'eutrophisation d'un lac, l'érosion, bien que fréquemment sous-estimée, compte parmi l'une des plus importantes.  L'érosion est un mécanisme où les particules du sol sont détachées et déplacées de leur point d'origine.  Au Québec, le principal élément déclencheur de l'érosion est l'eau, bien que le vent constitue un vecteur non négligeable.

Le phénomène de l'érosion est néfaste pour un lac parce qu'il génère  un apport en sédiments occasionnant l'envasement du littoral et la prolifération des plantes aquatiques tout en offrant un substrat favorable à la fixation et la croissance de la végétation aquatique.  De plus, une grande quantité de nutriments (phosphore) voyage par l'entremise des sédiments et stimule l'enrichissement du lac et la prolifération des plantes aquatiques, des algues et des cyanobactéries.  Cet enrichissement du lac occasionne l'eutrophisation accélérée du plan d'eau.  

Outre les pluies qui font voyager une grande quantité de sédiments lorsque le sol n'est pas protégé adéquatement, l'utilisation du sol influence grandement la capacité de l'eau à arracher et transporter les particules de sol.  Des sols mis à nu sont effectivement plus vulnérables à l'érosion qu'une  terre en friche ou qu'un milieu boisé.  En plus de retenir les particules de sol,  la végétation et le sol captent une partie des précipitations diminuant le volume d'eau de surface acheminée vers le lac.  À l'opposé, les zones urbanisées favorisent une augmentation du ruissellement des eaux de surface et de la vitesse d'écoulement réduisant ainsi la capacité filtrante avant l'arrivée au lac. 

 

 

Lutte à l'érosion

En 2009, le diagnostique global du bassin versant du lac Long Pond (rapport SAGE) mettait en évidence des zones d'érosion contribuant à l'apport important de sédiments dans notre lac.  En particulier, les fossés et chemins, tant publics que privés, sur le territoire de la municipalité de Bolton-Est présentaient de nombreux foyers d'érosion.  À la suite de ce constat, des projets visant à réhabiliter les zones fragilisées ont été entrepris par l'association du lac.  Ces travaux ont été effectués  avec l'aide de RAPPEL et de subventions municipales.  RAPPEL est un organisme à but non lucratif fournissant un soutien technique indispensable dans la gestion des lacs en Estrie.  La municipalité de Bolton-Est, conscientisée aux problèmes d'érosion sur les chemins municipaux, a également modifié ses pratiques d'entretien des chemins et fossés.  Les travaux effectués pour lutter contre l'érosion sont décrits ci-après.

 

 

Secteur du ruisseau des chemins Simard et Kates

Différents ruisseaux serpentent sur le territoire desservi par les chemins Simard et Kates.  Ces ruisseaux se rejoignent pour former un tributaire du lac Long Pond situé sur la propriété du 4 chemin Kates (nord-est du lac).  À l'embouchure de ce tributaire, s'est formé très rapidement dans les années 2000 un delta où se multiplient de très nombreuses plantes aquatiques.  Cet apport important en sédiments par le ruisseau contribue à envaser le lac déjà peu profond, mais aussi à augmenter très significativement les réserves de phosphates et de nutriments dans le fond du lac.  La capacité du lac à recevoir ces engrais déguisés est limitée et ces apports finiront par entraîner une prolifération d'algues bleues s'ils ne sont pas contrôlés. 

Delta du ruisseau Kates

 

Le projet visait à corriger les constats du rapport SAGE en appliquant les recommandations d'aménagement élaborées par RAPPEL à la suite d'un inventaire des points prioritaires.  L'association a sollicité une subvention à la municipalité pour l'exécution de ces travaux à l'automne 2010.  Toutes les recommandations n'ont pas pu être mises en oeuvre cette année-là à cause du temps très pluvieux.  Malgré tout, des travaux prioritaires ont pu être réalisés sur la propriété d'Entre Cimes et Racines à l'automne 2010.

 

Ponceau  

Un ponceau refait peu de temps auparavant et servant à relier le chemin de la propriété à un réseau de sentiers a été enroché à l'aide de grosses pierres sur la partie inférieure des talus.  Cependant, la partie supérieure des talus (entre le haut du ponceau et la surface de roulement du chemin) n'a pas été stabilisée.  Ainsi, le matériel de recouvrement du chemin était sujet au ravinement vers le cours d'eau.  La partie inférieure des talus n'a pas été recouverte d'une membrane de géotextile avant d'y déposer l'enrochement.  Cette absence de protection provoque l'effritement du gravier situé dans les interstices des pierres. 

 

 

 

Il a donc été recommandé de procéder à la stabilisation des talus du ponceau en:

- retirant l'enrochement;

- rectifiant légèrement la pente afin de l'atténuer;

- installant une membrane de géotextile (Voir l'annexe 1 du document de recommandations);

- recouvrant la membrane de pierre de 4" à 8" jusqu'en haut du tuyau;

- ensemençant la partie supérieure du talus et en la protégeant d'un matelas anti-érosion (paillis de paille).

Ces travaux ont été réalisés et sont illustrés aux photos suivantes.

 

          

          

 

 

Fossés

À la croisée de trois chemins de la propriété d'Entre Cimes et Racines, les eaux des fossés sont acheminées directement au ruisseau via deux ponceaux.  Le terrain est en pente (9%) ce qui accroît la vitesse de l'eau dans ce secteur.  En amont, les talus des fossés étaient à nu et présentaient des signes importants d'érosion (ravinement et érosion en nappe).  Les talus en amont et en aval des ponceaux étaient très instables en raison de la composition des sols et de l'angle de conception trop abrupte.  

Érosion du fossé et talus non stabilisé

 

Il a donc été recommandé de :

- procéder à la stabilisation des talus des ponceaux de la même façon que précédemment;

- aménager des seuils de rétention dans les fossés ( voir l'annexe 2 du document de recommandations);

- ensemencer l'ensemble des sols à nu, c'est à dire des talus et tas de déblais.

Ces travaux ont été réalisés et sont illustrés aux photos suivantes.

                                   

 

 

Secteur du ruisseau Jack Galvin

 En 2011, des travaux de nature semblable à ceux réalisés sur les chemins Simard et Kates ont été réalisés dans le secteur du chemin Jack Galvin.  

Le document suivant en résume les grandes lignes.

Travaux de lutte à l'érosion du ch. Jack Galvin

 

 

 

 

 

 

 

 

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